Lexique

Origine du Mal

I. Chapitre 1 4. Idolâtrie

Paroles

Héros

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Le marketing a hérité de l’idolâtrie antique, nous dictant désormais ce qu’il faut chérir. L’argent lui-même devient idole : contre ces bouts de papier, on troque parfois fièrement son identité — la seule chose qu’on possède vraiment ! Ainsi, nous sombrons dans un égotisme qui nous isole, faute de solidarité.

Le culte du moi, celui de l’icône intégrée, nous prive comme par magie d’amour-propre… La vénération détourne l’esprit fraternel vers des préférés, nourrissant renfrognement, indifférence et hiérarchie. Dans le besoin, l’entraide a disparu.

Si les traits modernes de l’adoration sont évidents, on la croit à tort religieuse par essence : elle relève en fait d’une immaturité cognitive. Le jeune garçon découvrant la bande dessinée d’un superhéros illustre bien cela — quelques illustrations et commentaires suffisent à en faire le modèle de son surmoi, un dieu domestique. Car même au foyer nourricier, l’enfant se heurte à des désirs contrariés, et ce personnage assuré lui fait croire, un temps, qu’il pourrait en être l’issue. En grandissant, à mesure qu’on quitte la maison, les frustrations changent de nature et l’ordre des priorités se transforme : les aspirations moins pressantes se refoulent dans l’inconscient, tandis que les désirs les plus souvent contrariés montent au sommet des priorités. C’est en fonction d’eux que héros, modèles ou divinités reçoivent notre préférence.